vu par un Cléonnais

Cléon vu du cielLa Seine

Cléon se situe sur la rive droite de la Seine, excepté une parcelle du côté d'Orival (comprenant l'ancienne île Lalitée).

Le fleuve a joué un rôle important pour les Cléonnais durant toutes les périodes historiques.

Quelques repères chiffrés

La Seine traverse Cléon sur près de 3,7 km, et un de ses bras sur environ 1 km (île Légarée).

La borne kilométrique en amont vers le Port-Angot est la K223; la limite Cléon-Tourville, au hameau de Bédanne, est à mi-chemin entre les K226 et K227. Le point K0 est situé à Paris, quai de Montebello, au pied de Notre-dame.

La largeur du fleuve varie : de 210 m vers le Port-Angot, elle s'élargit jusqu'à 260 m au niveau du lac Patin, se rétrécit à 160 m dans le prolongement de la rue Sortemboc, s'élargit à nouveau à 210 m avant l'île Légarée, termine à 120 m à la sortie de Cléon au hameau de Bédanne.

photo de cleon

Les inondations

La Seine n'a pas toujours été un long fleuve tranquille à Cléon... même quelquefois encore aujourd'hui !

Par exemple, au XVIIeme siècle, le curé de la paroisse de Cléon Robert Hérouët avait pris l'habitude de noter des remarques, signalées dans la marge par une croix, notamment sur les registres des baptèmes. Voici trois commentaires :

"Nota : la rivière de Seyne s'est tellement débordée en l'année 1651, que le mercredy 25e jour de janvier audit an, elle s'est approchée du presbytaire de Cléon, viron de six perches, qui font vingt quattre toises, y ayant quattre toises à chaque perche".

"Nota : il est à remarquer qu'en cette année mil six cent cinquante huict, la rivière de Seyne s'est tellement desbordée que, le vendredy premier jour de mars, elle est parvenue jusques à vingt pieds de Roy près la porte du presbitayre de Cléon, et s'est advancée jusques viron au milieu de la cour du Manoir, si bien que les batteaux ont esté fermés et attachés au coing du chemin qui tend dud. presbytaire à Freneuse"... "et le lendemain samedy... l'eau de la Seyne a sourdy et est venue par sous terre dans la cour dud. presbytaire, et elle a par l'eau grandement incommodé le curé du did. lieu; laquelle eau ne s'est point asséchée ny retirée de lad. cour que le jeudy 7e jour de mars aud. an, si bien qu'elle a esté dans la cour six jours."

photo de cleon

Le presbytère devait se situer au croisement des rues de la Résistance et de la Pierre-Aux-Pages. Pour les distances, une perche équivalait à environ 6 mètres, trois pieds à 1 mètre.

On peut supposer qu'à l'époque, la cote de référence actuelle de 1910 était très largement dépassée ! Rappelons qu'il n'y a pas eu de construction d'écluses avant le XIXe siècle, ni de travaux de dragage, ni de retenues d'eau en amont.

Au XVIIIe siècle, le curé Goholin précisait aussi dans la marge d'un registre paroissial :

"Nota : sur la fin de l'année 1740 le 8e de décembre la rivière de Seyne commença à déborder et continuant à se répandre de jour en jour, les eaux parvinrent la nuit de noël jusqu'au chemin de Freneuse vis-à-vis le presbytère de sorte que non seulement toutes les maisons du bas Cléon furent inondées mais la plus grande partie du haut Cléon le fut aussi à douze ou quinze maisons près. L'eau sourdit quelques jours après dans la cave du presbytère, à un pied et demi de hauteur. Elle fut ce que l'on appelle étalle, pendant dix à douze jours. Dans cet intervalle, le dernier jour de décembre 1740 il s'éleva un vent d'ouest si impétueux et si violent qui dura depuis viron deux heures après midy jusque bien avant dans la nuit, la neige tombant en abondance, que plusieurs maisons partout du bas Cléon et du hameau de Bédane furent renversés, ainsy que près d'une moitié des murs du Basset, et toutes les autres tant du bas Cléon et de Bédane que partie du haut Cléon furent fort endommagées. Personne ne périt tout fois dans ce déluge qui dura près de deux mois, car les eaux ne se retirèrent entièrement que sur la fin du mois de janvier 1741; mais il n'en fut pas de mesme des biens et meubles de plusieurs habitans qui perdirent considérablement fort grains, boissons et autres effets. Les blés furent aussi entièrement perdus dans ce débordement qui a causé partout des pertes infinies. C'est ce que nous avons vu de nos propres yeux, ainsy que bien d'autres, et ce que nous n'avons pu nous empêcher de remarquer par écrit, pour en perpétuer la mémoire à la postérité, quelque triste et facheux qu'ait été cet évènement. Goholin curé de Cléon"

photo de cleon

Les conditions météorologiques étaient impressionnantes à cette époque !

Sur les copies des documents originaux, nous pouvons aussi différencier le style et l'écriture des textes à un siècle d'intervalle...

La navigation

Quelques mots sur le type d'embarcations naviguant sur la Seine :

Remontons le temps jusqu'à nos ancêtres les Vikings... le bateau, n'étant appelé communément drakkar qu'au XIXe siècle, n'avait pas le gabarit adapté pour naviguer aisément en Seine et permettre les razzias des Vikings jusqu'à Paris à partir du IXe siècle. Ils utilisaient des embarcations à fond plat, plus petites et rapides, pouvant transporter des combattants et des chevaux, et servir de camp mobile.

Aux XIIIe et XIVe siècles, il y avait trois types de bateaux, transportant essentiellement le vin, le sel et la pierre. Ce sont, du plus petit au plus gros, les foncets , les batels et les nefs.

Un petit voyage en bateau à vapeur au début du XIXe siècle (extrait du guide du voyageur 1800-1850 - source gallica.bnf.fr / BnF) :

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Des accidents

Jugement d'abordage malencontreux entre deux bateaux en 1850 (4 pages extraites du Journal de jurisprudence commerciale et maritime 1851 - source gallica.bnf.fr / BnF) :

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Noyades et repêchages à la fin du XIXe siècle (extraits des journaux Le Travailleur Normand et le XIXe siècle - source gallica. bnf.fr / BnF) :

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